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Octobre 2017
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Histoire de Montigny

Histoire succincte de Montigny-sur-Vesle

Extraits de "Montigny-sur-Vesle au fil du temps" recueil historique réalisé par Michèle Michel et Laurence Sirguey en 2001

 

Montigny-sur-Vesle s’étend sur 946 ha et compte 461 habitants le village est dominé par le mont St Michel (200m). Situé dans un cadre varié de plaines, de coteaux, de vallons plantés de vignes et de bosquets il forme un ensemble agréable et pittoresque qui ravit le visiteur et ses habitants. L’origine du nom du village est incertaine, Il y a quelques années, les habitants ont décidés de s’appeler «Veslignimontois » 

 

les écarts du village sont les Venteaux. Dès 1198, le cartulaire d’Igny signale l’existence d’un moulin qui se transformera bien plus tard en papeterie et en filature de laine. Aujourd’hui beaucoup de citadins recherchant la nature s’installent aux Ventaux.

 Le Goulot, était un petit domaine, qui prétendait ne relever que du Roi et qui sut toujours éluder les réclamations du chapitre de Reims

 La ferme de l’Orme aurait été un hameau  de 20 feux ou familles, vers 1710. C’est dans ce secteur que les vignes étaient plantées avant le drame du phylloxéra.

 

Longtemps, la commune et son territoire ont appartenus à l’abbaye d‘Igny (XIIème Siècle) puis au chapitre de  l’archevêché de Reims. Suite à différents et difficiles accords, le chapitre reconnut la pleine possession de leurs terres. La guerre de cent ans a laissé des traces de dévastation, nos ancêtres ont dus supporter le terrible hiver 1359 -1360 (pillage, famine, bois coupés ect …) Sous Louis XIII, en 1629, le village compte 94 feux ou familles. Pendant la Fronde (1645 -1650) Montigny et les  villages environnants sont envahis par les Espagnols et les Autrichiens. Montigny dut héberger le comte de Fuensaldague et son importante escorte. Pendant 30 jours les envahisseurs pillèrent les greniers des villageois. En 1664, on compte plus que 75 feux. Vers 1667, Montigny compte de nombreux laboureurs aisés, des vignerons, des tisserands, des bergers, des menuisiers, des meuniers, un boulanger, un maître d’école, un maréchal ferrant ect…

 

Le premier curé connu arrive en 1674, en 1684 Elisabeth Collin est élue sage-femme et secondera le curé pour certaines tâches. A Montigny, on se mariait entre habitants, les naissances sont nombreuses mais la mortalité infantile aussi.

Plusieurs incendies ont ravagés Montigny, ce fut le cas en 1700, 1770, 1824, 1824, 1848 aux Ventaux, 1856, 1857 et ceux déclenchés par les bombardements.

Au dénombrement de1773, on compte 302 habitants pour 77 feux, le cheptel se compose de 52 chevaux, 106 bêtes à cornes et 596 ovins  On y récolte plus de 2000 litres de vin, 676 hl de froment, 1086 hl de seigle, 139 hl d’orge, 1183 hl d’avoine, 85 boisseaux de chènevis, 2400 kg de chanvre.

 

Le jour de la publication de la convocation des Etats Généraux, le 8 mars 1789, les 18 membres réunis rédigent et signent les 24 revendications du cahier de doléances, dont voici l’essentiel :

-          Une administration plus simple notamment pour la levée des impôts et création d’une caisse de secours des calamités (incendie, grêle, reconstruction des édifices ou ouvrages communs ect.. )

-          L’imposition des biens de tous les sujets du Roi : nobles, ecclésiastiques, privilégiés, roturiers.

-          Sel marchand à prix modique (le sel est nécessaire aux cultivateurs, animaux ect..)

-          Unification des poids et mesures afin d’éviter fraudes et  supercheries.

-          Unification de la justice dans toute la France.

-          Création de communications aisées des villages pour faciliter l’exportation des denrées.

-          Supprimer toute banalité sur les pressoirs et moulins.

 

Le curé de l’époque prêta serment à la constitution en 1791.

En février 1814, lors de la campagne de France, contre Napoléon, 2 à 300 Prussiens ont été vus à Montigny, 2000 hussards de la garde napoléonienne ont occupés la commune et coupés les ponts de la Vesle avant de retourner sur Reims participer à la bataille, le 20 mars de la même année, une colonne Russe est venue piller le village, les habitants ont eu si peur qu’ils se sont réfugiés dans les bois. Le 28 juillet, deuxième invasion, par les Prussiens, ils mirent le feu à une maison, car on refusait de leur livrer une fille. 

En 1825, on compte 96 feux pour 378 habitants, les rues sont étroites, les maisons presque toutes recouvertes de chaume sont construites en pierres, les sources et les puits fournissent l’eau. La Caurette fait tourner un moulin. En général, les habitants sont à l’aise, 50 enfants fréquentent l’école l’hiver (décembre à février) 700 à 800 moutons sont nourris sur le territoire de la commune, on laboure avec des chevaux ou des bœufs, A cause du verglas, le village est impraticable pour les voitures l’hiver. Les habitants sont solidaires entre eux ce qui a peut-être créé une mentalité de repli.

 

En 1870, les Prussiens qui traversaient le village pour aller occuper Reims, remontèrent la rue de Bethléem avec leurs équipages et leurs canons en suant sang et eau  pour rejoindre la place de l’église et la rue de Jonchery. La voie de l’entrée du village jusqu’au carrefour du lavoir ne figurait pas sur leurs cartes d’état-major ! Bon nombre d’habitants s’en réjouirent !

 

Le 1 août 1914, en fin d’après midi, le garde champêtre annonça la mobilisation générale, le 2 août on pouvait voir la fameuse affiche de l’ordre de mobilisation générale. Le 2 septembre une patrouille de Uhlans traverse le village derrière le maire de l’époque qui servait de bouclier. Après la première victoire de la Marne, les troupes françaises ne cessent de défiler dans le village. Montigny était à15 km du front, le 19 septembre on pouvait observer l’incendie de la cathédrale de Reims. Une partie de l’état major français s’établit au village, les habitants continuaient à vaquer à leurs occupations. Le 5 octobre, jour de vendange, Montigny et sa région pouvait observer dans le ciel, le premier combat aérien qui se termina par la chute de l’avion allemand dans les marais de Jonchery. Puis vint la guerre des tranchées qui dura quatre ans, des souterrains auraient été creusés par des soldats français pour servir d’abris et d’entrepôts, ils partaient du centre du village vers le chemin de Pévy. En janvier 1917 sont installés Les H.O.E. (Hôpital d’Origine des Evacuations) et les ambulances. Celui de Montigny,H.O.E.15, était situé à gauche de la route des Ventaux, en partant du village, Implanté sur un terrain de 10 à 15 ha il était composé de 150 à 200 baraques regroupant 10000 lits pour recevoir les blessés et malades du groupement de 6 ambulances (unité de soins) Dans la nuit du 4 juin 1917, l’hôpital subit un bombardement tuant trois membres du personnel, blessant sept autres membres du personnel et un hospitalisé.

Après l’offensive Ludendorf du 27 mai 1918, les allemands occupent la rive droite de la Vesle, Jonchery restait aux Alliés, ils canonnèrent Le Goulot , la population de Montigny avait dû fuir.

 

Après l’Armistice du 11 novembre,Les habitants revinrent, le conseil municipal s’est réuni, en séance extraordinaire, pour la première fois le 13 décembre 1918, sous la présidence de Léon Bourlette faisant office de maire en l’absence de Jean-Baptiste Sirguey, maire, mobilisé. Il déclara entre autre « Et maintenant, nous voici réunis dans nos murs. Je dis bien « nos murs » puisqu’il ne reste plus que cela de notre village autrefois si riant si agréable » Il fallait remettre le village en état : Plusieurs maisons ont été entièrement détruites, d’autres étaient endommagées, les rues devaient être déblayées, les conduites d’eau remises en état. La municipalité en profite pour embellir le village: agrandissement de la place publique, aménagement de la place du jeu de paume. la nature aussi avait souffert, les bois sont déchiquetés par la mitraille et les obus, ils sont sillonnés de tranchées et de trous d’obus. Des prisonniers allemands aident à remettre le terrain en état

 

En 1919, des cérémonies sont organisées à la mémoire des soldats morts pour la France. Comme dans beaucoup de localités, on parle d’ériger un monument aux morts. En 1922 la commune adhère au syndicat de Romain en vue de l’électrification. En 1920 commence la reconstruction de la chapelle des Venteaux. En 1922, l’arbre de la liberté est abattu pour installer le monument aux morts qui a été acquis par souscription publique, les cloches brisées en 1918 par l’occupant sont remplacées. Le cimetière créé pour l’hôpital militaire est enlevé vers 1924. En 1925, l’eau courante est installée, l’électricité en 1926. En 1927, le cimetière qui était autour de l’église est fermé, un nouveau cimetière est ouvert route de Jonchery, la commune acquiert un corbillard. La vasque fontaine implantée sur la place des fêtes est acquise en 1927, elle est  financée  par un don de la croix rouge américaine. En 1928, le lavoir des Venteaux, aujourd’hui disparu, est reconstruit. En 1929, la classe des filles disparaît, l’école devient mixte en raison de la baisse des effectifs. Dans les années 29-30, on constitue une société de tir « La Patriote » le terrain sur lequel elle s’exerce fera l’objet d’une longue polémique entre la société et le propriétaire.

En 1931 sont installés dans le village, une boulangerie, un maréchal ferrant, deux maçons, un coiffeur, deux cafés épiceries dont l’un avec une cabine téléphonique et un bureau de tabac.

Vers 1937 on relève les 4 calvaires implantés dans la commune, dont un seul subsiste à l’entrée du village, route de Jonchery. En 1939,  le conseil demande le classement du sanctuaire de Longuerotte parmi les sites et monuments naturels.

 

En 1939, en septembre, c’est la mobilisation. Par crainte des bombardements des villes, Montigny accueille des enfants rémois. L’exode commença à Montigny le 16 mai 1940. Après la signature de l’armistice, les habitants commencèrent à rentrer et trouveront leurs maisons pillées. Les combats furent violents autour de Montigny. Deux habitants du village furent tués, quatorze furent fait faits prisonniers.

 

Les Allemands s’installèrent dans le village pour quatre ans, des maisons furent réquisitionnées pour leurs services ou leur logement, la Gestapo s’installa au « château » rue de Jonchery. En 1941, la Maîtrise de Reims passe ses vacances en colonie au Goulot. Le 6 octobre, la commune souscrit à l’édition nationale de L’effigie du Maréchal Pétain et 250 fr seront prélevé sur les dépenses imprévues. Au cours de l’été 1943 un concert théâtre fut donné dans la « grange en dessous du clos » ,qui servait aussi de salle de bal, par les jeunes du village, des réfugiés de Boulogne-sur-Mer et des réfractaires du STO. Une habitante chanta la Marseillaise qui fut reprise en chœur sous l’œil de soldats allemands en service. Trois petites filles habillées en bleu, blanc, rouge, avec des bouquets campagnards montèrent en scène. Les recettes du spectacle furent employées  à la confection de colis pour les prisonniers de guerre

Les uns étaient favorables au régime de Pétain, les  autres désobéissaient aux lois allemandes : livrer des armes, cacher un aviateur allié. La résistance existait et elle était efficace. Une liste de 13 habitants soupçonnés de résistance devant être fusillés furent sauvés par l’arrivée des Américains qui venaient de Fismes le 29 août 1944. Les premiers prisonniers rentrèrent fin mai 1945.

 

En 1947, Notre Dame du grand retour passe à Montigny La messe de minuit est précédée d’une procession. Le 14 mars 1948, route de Ventelay on plante un arbre pour célébrer le centenaire de la révolution de 1848, il sera abattu en 2000. En 1953 on panse les dernières plaies. En 1954, c’est le remembrement, En 1955, du lait et du sucre sont distribués dans les écoles. Dans les années 1970 à 2000 la commune s’est efforcée de restaurer les bâtiments municipaux. Beaucoup d’habitants faisaient partie de l’équipe des pompiers communaux. Ils s’entraînaient le dimanche matin pour sauvegarder le bien des habitants. A partir de 1983 les lavoirs ont été restaurés, la commune s’est dotée d’équipements tel que tennis, jeux de boules et étang. La salle qui abritait les congélateurs publics a été transformée en salle communale par des bénévoles.  A  cette époque un club du troisième âge est mis en place, puis ce fut l’ASLAM, le CAM et d’autres…..

 

                              Laurence Sirguey et Jean-Marie Heinen

 

                                         

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